CONFÉRENCE DE VIE POLITIQUE COMPARÉE
09 mars 2017
13h30 – 15h30
Amphi 3 – Campus de Jacob Bellecombette

Entrée libre

Haoues Seniguer, maître de conférences en Science politique à l’Institut d’études Politiques de Lyon et responsable pédagogique de la spécialité « Coopération et Développement Économique au Maghreb et au Moyen-Orient », a consacré sa thèse soutenue en 2012 aux parcours des jeunes activistes islamistes au sein du Parti de la Justice et du Développement au Maroc, des années 1970 à nos jours.

Spécialiste de la sociologie politique des communautés musulmanes et du monde musulman, et notamment des phénomènes de radicalisation, il est l’auteur de très nombreux articles et interventions, dont on pourra retrouver la présentation et les liens sur sa page personnelle du site du Laboratoire Triangle [cliquez ici]. Malgré beaucoup d’autres sollicitations nous sommes heureux qu’il ait bien voulu accepter d’intervenir devant nous et de nous présenter une synthèse de ses recherches sur le thème de « La politisation de l’Islam ».

« Le « communautarisme » est un mot dont les usages relativement récents sont essentiellement politiques et idéologiques. Celui-ci n’est donc pas un concept au sens scientifique du terme. Si la ‘communauté’ est un concept ou un mot volontiers valorisé dans les discours publics, il n’en est pas de même pour le ‘communautarisme’, lequel désigne souvent, explicitement ou implicitement, les dérives présumées de groupes humains, larges ou restreints, en général, et celles des musulmans en particulier, lesquels poursuivraient des desseins séparatistes au sein de la société française. Il s’est progressivement imposé dans les répertoires discursifs des politiques et de certains leaders d’opinion alors même que ses contours ne sont jamais véritablement définis. L’expression, en revanche, qui semble la plus adéquate, et par conséquent beaucoup moins connotée au plan du sens, est ‘imaginaire communautaire’. Celui-ci est activé aussi bien par des hommes ou femmes politiques, notamment lors d’échéances électorales, que par des acteurs sociaux, en particulier des militants musulmans mais pas exclusivement, cherchant à valoriser, voire à essentialiser et à fantasmer, la dimension religieuse des individus au détriment des autres éléments constitutifs de l’être social. »

(Résumé de « Communauté, « communautarisme » et islam en France : y a-t-il un « communautarisme » musulman ? », Droit social, 2015, pp. 664 et ss.)