Cycle de projections-conférences de films documentaires ou de fictions français et étrangers, d’une durée de trois heures (1h30 de projection et 1h30 de cours-compléments-débats)

Date : jeudi 9 décembre 2021 – 13h/15h30
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette – Amphithéâtre 2
Gratuit, accessible à tous et toutes

L’An 01 – De Jacques Doillon avec Alain Resnais et Jean Rouch – 1973

A michemin de l’œuvre de fiction poéticocomique (le film est inspiré d’une bande dessinée de Gébé) et du documentaire (il sera réalisé en 197071 avec une  souscription et l’aide des lecteurs de CharlieHebdo au fil d’un tour de France d’où émergent quelquesunes des expériences communautaires de l’époque), L’An 01, malgré un ton léger, fait réfléchir. Il est basé sur une idée provocatrice et loufoque, en apparence : « On arrête tout. Demain sera l’an 01. Pour tout reprendre, recommencer ». Beaucoup des thématiques évoquées (critique du productivisme, du machinisme, retour aux locomotions douces, jardins urbains, préservation de l’environnement, etc.) ont été réalisées ou reprises dans les années récentes. De quoi réfléchir, pour chacune et chacun d’entre nous, à l’heure où l’on s’est amusé à parler, au sortir des confinements récents, d’un « monde d’après »…

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Date : jeudi 25 novembre 2021 – 13h/15h30
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette – Amphithéâtre 2
Gratuit, accessible à tous et toutes

Hacking Justice – De Clara Lopez Rubio et Juan Pancorbo – Avec Julian Assange – 2021

Né en 1971, Julian Assange participe jusqu’au début des années 1990 aux toutes premières opérations de « Hacking » avec les premiers et très jeunes « pirates » informatiques. Il rejoint à la fin de la décennie suivante la philosophie politique des « Cypherpunks », pionniers du cryptage préventif « Vie privée pour les plus faibles, transparence pour les puissants » et c’est sur cette base qu’il fonde l’outil de publication en ligne crypté WikiLeaks pour protéger les lanceurs d’alerte souhaitant rendre public des documents secrets concernant des États, entreprises, dirigeant.e.s agissant de manière illégale et contraire aux valeurs démocratiques.

En juillet 2010 les documents transmis par l’analyste de l’armée américaine Bradley Manning, puis en juin 2013 par celui de la CIA et NSA Edward Snowden amplifieront et justifieront considérablement la portée politique du réseau.

Le présent documentaire, sorti début novembre 2021, présente les enjeux pour la justice et la liberté d’informer de la défense judiciaire de Julian Assange depuis juin 2012, une défense internationale coordonnée par l’ancien magistrat Baltasar Garzon afin d’empêcher son extradition vers les États-Unis.

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Date : jeudi 18 novembre 2021 – 13h/15h30
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette – Amphithéâtre 2
Gratuit, accessible à tous et toutes

Miroir d’une nation. L’École Nationale d’Administration – De Gérald Caillat sur un texte de Pierre Legendre – 2000

« Un style d’emballage du pouvoir », « une foi dans l’administration, de type catholique », « le pays inventeur du mot bureaucratie » : le travail de dévoilement des fondements de l’État français moderne opéré par Pierre Legendre, notamment dans ce documentaire, dépasse l’actualité de la « vraie/fausse disparition » de l’École Nationale d’Administration. « Une société toujours se maquille, d’un discours d’emballage et des images qui la font marcher. A y regarder de près, sans unité géographique ni de peuplement, la France est un arrangement censé tenir debout par la vertu égalitaire, mais qui, si vous soulevez cette croûte, laisse voir d’autres ressorts que celui-là. Dans cette composition, fabriquer des fonctionnaires a joué le rôle – comment dirais-je, d’une vérité transcendantale. Il y a du religieux là-dedans, dans le tréfonds, et pour cause. » On ne saurait mieux dire que ce documentaire dépasse le sujet de la simple réussite personnelle de bons élèves. Ou celui de la nature du Conseil d’État, « l’un des piliers qui fait tenir l’édifice ». Et qu’il nous questionne toutes et tous sur notre relation à l’autorité publique.

Cette séquence propose le visionnage du second documentaire (sorti en 2000) réalisé par Gérald Caillat à partir d’un texte de Pierre Legendre, grand historien du droit, agrégé de droit romain, psychanalyste et fondateur de « l’anthropologie dogmatique ». Elle fait suite à la projection l’année dernière du premier documentaire des deux auteurs, La fabrique de l’homme occidental (1996), film assez saisissant mais sans doute plus déconcertant sur les fondements du droit privé et de l’insertion dans une société : naître aux autres et à soi-même pour les êtres humains ne se limite pas à sortir du corps des mères mais nécessite d’entrer dans le symbolique qu’une société place face à ce qu’elle comprend, craint, ignore, c’est-à-dire aussi l’inconscient et l’indicible.

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Date : jeudi 21 octobre 2021 – 13h/15h30
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette – Amphithéâtre 1
Gratuit, accessible à tous et toutes

Gandhi – De Richard Attenborough – 1982

C’est le film d’une vie, dans tous les sens du terme. Porté vingt ans par son réalisateur, multi-primé (8 oscars), il expose le parcours et la philosophie de vie hors normes d’un homme qui a profondément marqué le XXe siècle, né en Inde Mohandas Karamchang Gandhi en 1869, et mort « Mahatma », « Grande âme », assassiné en 1948. Peu de gens ignorent son nom. Mais est-il pour autant connu ? A-t-on idée aujourd’hui de sa réception contrastée autant comme penseur que comme activiste politique, suivant les périodes, suivant les pays ? Connaît-on ses références intellectuelles, son cheminement, de simple avocat formé en Angleterre, puis exerçant en Afrique du Sud, à leader moral de stature universelle et symbole de l’indépendance et de l’unité indienne (son engagement spécifique ne débutant véritablement qu’après l’âge de 40 ans) ? Sans tomber dans l’hagiographie, ni tout examiner en cette séance, ni même voir l’intégralité du film (3 heures), il est impossible de mal employer son temps en découvrant ou redécouvrant cette existence exemplaire.

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Date : jeudi 7 octobre 2021 – 13h/15h30
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette – Amphithéâtre 1
Gratuit, accessible à tous et toutes

L’avocat de la terreur – De Barbet Schroeder – 2007

Se penchant, avec sa collaboration sur certains moments de la vie de l’avocat français Jacques Vergès (19242013), César du meilleur documentaire en 2008, ce film n’en est pas un, ou pas seulement. Célèbre pour sa théorisation de la « défense de rupture » dans le cadre des procès politiques des combattants de l’indépendance algérienne au début des années 1960, Jacques Vergès a proposé dès cette époque une lecture à la fois très désillusionnée et très anticoloniale du travail du droit et des avocats. La première partie du documentaire y est consacrée. La seconde partie du  film questionne la suite de ses engagements et les résonances géopolitiques de ses défenses de certaines « personnes détestables », et notamment des responsables d’attentats terroristes en Europe tels que les membres de groupes palestiniens ou le vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez dit Carlos. Sa défense du chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie, en 1987, n’est évoquée que brièvement à la fin.

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Date : jeudi 23 septembre 2021 – 13h/15h30
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette – Amphithéâtre 1
Gratuit, accessible à tous et toutes

L’école buissonnière – De Jean-Paul Le Chanois – 1949

La liberté ne s’enseigne pas : elle se conquiert. Telle est, dérivée de Jean-Jacques Rousseau, l’une des leçons souterraines et centrales du film de Jean-Paul Le Chanois sorti en salle en 1949 et consacré au travail du grand réformateur pédagogique français du milieu du XXe siècle Célestin Freinet. Coécrit par sa femme, anticipant sur toute l’évolution internationale des droits de l’enfant des décennies suivantes, ce classique continue de nous interroger par de multiples scènes touchantes et fortes sur nos relations croisées au savoir, à l’école, à l’autorité. Grand film politique sur le rôle de l’instruction dans la démocratie, à l’heure des mutations qui traversent notre système scolaire et universitaire, il demeure plus que jamais d’actualité.

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Débat – Discussions : 04 décembre 2020 / 9h / Sur Zoom
Gratuit, accessible à tous et toutes

Le jeune Karl Marx – De Raoul Peck – 2017

1844, de toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s’organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage.
Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer ». Entre parties d’échecs endiablées, nuits d’ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une œuvre révolutionnaire sans précédent.

Lien vers le film [cliquez ici]. Il convient de visionner le film avant la séance de débat/discussions.

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Débat – Discussions : 27 novembre 2020 / 9h / Sur Zoom
Gratuit, accessible à tous et toutes

À l’ombre de la République – De Stéphane Mercurio – 2011

Pour la première fois, après trois ans d’existence, le CGLPL (Contrôle Général des Lieux de Privation de Liberté) accepte qu’une équipe de tournage le suive dans son travail, minutieux, essentiel de contrôle des droits fondamentaux dans les Prisons, hôpitaux psychiatriques, commissariats…

Stéphane Mercurio a suivi une quinzaine de contrôleurs. Leurs lieux de mission : la maison d’arrêt de femmes de Versailles, l’hôpital psychiatrique d’Evreux, la centrale de l’île de Ré, et enfin la toute nouvelle prison de Bourg-en-Bresse.

Pendant ces quelques semaines d’immersion à leurs côtés au cœur des quartiers disciplinaires, dans les cours de promenade des prisons ou dans le secret des chambres d’isolement, un voile se lève sur l’enfermement et la réalité des droits fondamentaux en ces lieux.

Lien vers le film [cliquez ici]. Il convient de visionner le film avant la séance de débat/discussions.

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Débat – Discussions : 20 novembre 2020 / 9h / Sur Zoom
Gratuit, accessible à tous et toutes

La fabrique de l’homme occidental – Un film de Gérald Caillat sur un texte de Pierre Legendre- 2008

Sortir de l’abîme. Le monde doit être mis en scène, en cène, avec des mots. Pour instituer l’humain, il ne suffit pas de naître. Il faut des rites, des danses, des emblèmes. La mise en scène scientifique actuelle n’est qu’une mise en scène, parmi d’autres. De même l’efficiency, la performance, le management. Mais l’Occident se veut le miroir de tout.

A l’heure de la Covid 19 et de sa geste étrange, « l’anthropologie dogmatique » de Pierre Legendre, grand historien du droit, agrégé de droit romain, psychanalyste, permet sans doute de remettre de la distance et de la perspective. Elle est évoquée autant qu’ « invoquée » ou illustrée, pour partie, dans ce documentaire, où s’exprime directement son auteur. On ne résume pas facilement un travail de ce type mais retenons, brièvement, deux raisons d’y porter son regard.

La première est le documentaire de Gérard Caillat, assez étrange et beau, marquant, à coup sûr, par certaines séquences. Le propos de Pierre Legendre dans le film part de ce constat anthropologique : naître pour les êtres humains ne se limite pas à sortir du corps des mères. Même exister pour celle qui vous porte nécessite un acte social, l’acte d’instituer, une « institution », que révèlent et soulignent par l’horreur les drames de « bébés congelés ». Naître aux autres et à soimême nécessite d’entrer dans une société, ce qu’elle place face à ce qu’elle comprend, ce qu’elle redoute, ce qu’elle ignore, l’inconscient, l’indicible.

La « raison » technique ou technologique n’est qu’une théologie parmi d’autres, un discours de foi qui s’est substitué en quelques décennies, comme l’a expliqué Pierre Legendre dans plusieurs de ses travaux, aux montages précédents où s’articulaient et se soutenaient l’un l’autre les discours de Dieu et de l’État. Aux prêtres et aux juristes, grands servants de l’ordre théologicopolitique occidental surgi des ruines de l’Antiquité, se sont substitués les sciences de laboratoire et les techniques communicantes et procédurales du management. Le droit luimême, au lieu d’être dit avec les mots et les rites de la religion, sort de plus en plus des cabinets de consultants et de leurs machines.

La seconde raison, bien entendu, est de découvrir l’œuvre assez inclassable de Pierre Legendre. Une formule, parmi beaucoup de ces citations foudroyantes qu’il affectionne, en résume peutêtre le cœur pour le juriste : le matériau juridique ne relève pas de la pure technique.

Lien vers le film [cliquez ici]. Il convient de visionner le film avant la séance de débat/discussions.

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Débat – Discussions : 16 octobre 2020 / 9h / Sur Zoom
Gratuit, accessible à tous et toutes

Kemtiyu Cheikh Anta – De Ousmane William Mbaye – 2016

Découvrir la vie et le travail Cheikh Anta Diop ce n’est pas entrer dans un débat « noir-blanc ». C’est découvrir un guerrier de l’esprit, un intellectuel-aigle qui surplombe une époque, qui voit plus loin, qui donne le ton d’un paysage mental. L’indépendance et l’unité du continent africain, l’aliénation culturelle, la connaissance et l’interprétation scientifique et critique de l’histoire des pays et des peuples : aucune des grandes préoccupations qui guident ses premiers écrits dès 1953 n’a disparu de l’agenda. Le plus important, il l’a dit lui-même, n’est pas décider si il avait totalement raison. Mais simplement, lorsque l’on doute, lorsque l’on a envie de mentir, de tordre la vérité, de penser à son exemple, à ceux qui l’ont combattu, à sa fierté et à son humanisme.

Lien vers le film [cliquez ici]. Il convient de visionner le film avant la séance de débat/discussions.

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