Le procès de Marie-Antoinette

CONFÉRENCE
Gratuite / Ouverte à tous et à toutes

Date : mercredi 16 janvier 2019 / 17h30 ATTENTION ! Évènement potentiellement reporté suite à l’indisponibilité d’un conférencier. Nouvelle date à venir.
Lieu : campus de Jacob-Bellecombette, Amphithéâtre 3

Intervenants :

  • Emmanuel de Waresquiel (Historien, chercheur à l’École Pratique des Hautes Études)
  • François Sureau (Avocat aux Conseils, écrivain)

Au-delà de l’imagerie populaire le procès de Marie-Antoinette – reine aussi mal aimée que mal connue des Français – les 14/16 octobre 1793, dans la salle de la Liberté du Tribunal révolutionnaire, se révèle emblématique d’une politisation incontestable de la justice révolutionnaire à l’époque de la Terreur. Car l’issue du procès ne peut faire aucun doute : « l’Autrichienne » est en effet condamnée d’avance et lors des plaidoiries le huis clos tourne immanquablement au « dialogue de sourds » !

Mais en l’occurrence qui juge-t-on ? La reine de France ? L’Ancien Régime ? L’étrangère ? L’épouse ? la femme ? La mère ?

Qui est le juge ? Le peuple ? La République ? La révolution patriarcale épouvantée à l’idée de l’accession des femmes aux fonctions politiques ?

Sans avoir jamais véritablement joué de rôle politique, dans une période particulièrement troublée confinant à la guerre civile, Marie-Antoinette n’a finalement été qu’un instrument malheureux, la victime expiatoire des conflits qui déchirent alors la Convention, la Commune de Paris et des factions dominées par le puissant mouvement des « Jacobins ». Et contrairement à son époux le Roi Louis XVI, Marie-Antoinette n’a pas été traduite devant la représentation nationale (c’est-à-dire devant l’assemblée des représentants élus du peuple) mais bel et bien devant un tribunal révolutionnaire, la justice se trouvant alors incontestablement mise au service de fins politiques.

Emmanuel de Waresquiel, chercheur à l’École pratique des Hautes Études, est spécialiste de la première moitié du XIXe siècle. Outre Juger la Reine (paru chez Tallandier en 2016), il est notamment l’auteur de biographies de Talleyrand (Talleyrand. Le prince immobile, paru chez Fayard en 2006) et de Fouché (Fouché. Les silences de la pieuvre, paru chez Fayard en 2014). A travers l’ouvrage Juger la reine, il relate ce procès hors norme à l’aide de sources jusqu’alors inédites, évoquant les fantasmes et les haines sous-jacentes au déroulement de cette affaire en tout point dramatique lors de l’un des moments paroxystiques de la Révolution.

Mais puisque ces périodes de fracture françaises relèvent de la tragédie dans lesquelles, hier comme aujourd’hui, victimes et bourreaux agissent et se débattent sans contrôler leur destin, François Sureau (Avocat aux Conseils, écrivain) se sert de cet évènement pour interroger notre actualité : en l’occurrence celle d’une instrumentalisation croissante de la justice ordinaire par le pouvoir politique, dans un contexte de surexposition médiatique.

Contact : bruno.berthier@univ-smb.fr

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